Foire aux questions

Organisation et moyens

La biochimie est utilisée principalement pour mesurer la teneur en certains éléments, recherchés ou au contraire indésirables dans le produit récolté.  Teneur en protéines, en huile, en sucre etc. qui donneront d'autant plus de valeur à une nouvelle variété qu'elles sont élevées.  Pour les lipides (huiles), on distingue également les différents composants : acides oléiques, linoléiques, alpha-linoléniques… A l'inverse, on peut aussi rechercher des substances indésirables, telles que vicine-convicine en fèveroles, antitrypsiques en pois, THC en chanvre, acide érucique et glucosinolates en colza… Des seuils d'exclusion permettent d'empêcher l'inscription de variétés trop riches en ces composés indésirables.

Le CTPS, Comité Technique Permanent de la Sélection, est un comité consultatif auprès du Ministre de l’Agriculture chargé de le conseiller en matière de politique publique pour le secteur semences, plants et variétés et de formuler des propositions en matière de mise en marché des variétés (inscription au Catalogue national) et d’organisation de la production de semences et plants. Il est composé à parité d'experts d'institutions publiques (INRAE, GEVES, Ministère chargé de l'agriculture) et de représentant des professionnels du secteur, sélectionneurs, semenciers, agriculteurs et utilisateurs transformateurs. Le CTPS délègue le volet d’évaluation des variétés à un office d’examen principal, le GEVES.

Le GEVES, Groupe d’Etude et de contrôle des Variétés et Semences, est un groupement d’intérêt public chargé de réaliser les études techniques officielles nécessaires à des missions réglementaires pour le secteur semences, plants et variétés. Le CTPS, mais aussi le SOC (service officiel de contrôle, en charge de la certification des semences), ainsi que d’autres autorités lui délèguent les examens techniques des variétés et analyses de lots de semences. Le GEVES est un office d’examen de variétés et un laboratoire officiel de l’Etat pour les analyses de semences. Il gère aussi des missions nationales qui lui ont été confiées : le secrétariat général du CTPS, l’Instance Nationale des Obtentions Végétales, INOV, et la structure de coordination de la conservation des ressources phytogénétiques.

Les études techniques officielles DHS des variétés consistent à observer finement les variétés pour établir leur carte d’identité. Les caractères d’évaluation peuvent être affectés par les conditions agroclimatiques dans lesquelles elles sont cultivées, et on recherche toujours des conditions optimales, qui peuvent varier selon les espèces : des sites en zone méditerranéenne pour les espèces gélives (tomate, pastèque, sorgho, pois chiche…) ou plus nordiques pour celles nécessitant des températures plus tempérées (pois, endive, céréales…), des sols calcaires ou acides…

Le GEVES dispose donc de sites d’expérimentation dans les zones de productions françaises, spécifiques des productions. Par ailleurs, pour évaluer la valeur agronomique, technologique et environnementale des variétés (VATE), il est nécessaire de conduire des essais dans des milieux variés, représentant les conditions de l’agriculture française et de ses régions. Cela nécessite des réseaux assez important d'essais que le GEVES n'a pas la capacité à réaliser seul. C'est pourquoi, il fait appel à de nombreux partenaires qui contribuent à ces réseaux d'essais.

De nos jours, le génome de quelques espèces végétales, c’est-à-dire la liste des gènes les plus communs et leurs mutations, sont identifiés et localisés précisément par des marqueurs moléculaires, un segment d’ADN : c’est-à-dire une chaine identifiée de molécules sur un chromosome (porteur de l’information génétique). Pour ces espèces, beaucoup de caractères phénotypiques simples, comme la résistance à un pathotype d’une maladie peuvent être identifiés ainsi. Mais généralement la Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale, VATE, d’une variété est un ensemble de fonctions physiologiques complexes que l’identification moléculaire ne peut prétendre seule identifier, compte tenu, entre autres, de l’interaction entre le génotype et le milieu agro climatique.

L’étude du génome est surtout un outil d'aide à la sélection, elle n'est pratiquement pas utilisée lors des tests officiels d'évaluation agronomique des variétés. Cependant, on commence à travailler actuellement sur l'utilisation de ces tests en complément des tests au champs, pour quelques caractères au déterminisme génétique simple, comme certaines résistances aux maladies.

Compte tenu des outils de biologie moléculaire disponibles aujourd'hui, on pourrait imaginer pouvoir se baser uniquement sur son profil génétique pour décrire et identifier une variété. Mais cela aurait deux inconvénients : d'une part, une description moléculaire ne vous dit pas (encore !) l'aspect que la variété a quand vous la cultivez, ce n'est donc pas d'un usage très pratique. D'autre part, deux profils génétiques distincts peuvent très bien s'avérer identiques sur le terrain, ce qui pourrait apporter de la confusion au niveau commercial. C'est pourquoi on reste encore attaché essentiellement à la description des plantes sur le terrain.  Par contre, le profil génétique est un outil formidable pour faire du contrôle variétal (ce lot de semences correspond-il bien à la variété déclarée), ou du contrôle de formule d'hybride (le profil génétique de cet hybride correspond-il bien à la formule génétique attendu, du fait du profil génétique de ces deux parents?)

En savoir plus sur les études DHS

Il y a actuellement deux types principaux d'usage de la biologie moléculaire en évaluation des variétés :

  • Certains marqueurs, très fiables dans leurs résultats, permettent de vérifier la présence d'un gène qui confère une caractéristique particulière à une variété, par exemple une résistance à une maladie. L'intérêt réside dans la rapidité de la réponse, et le test permet aussi de réduire ou supprimer la mise en œuvre de tests phénotypiques (vérification en condition contrôlée de la sensibilité à un pathogène).
  • On utilise aussi des marqueurs neutres pour mesurer des distances génétiques entre variétés ; cette information permet de réduire et d'organiser sur le terrain les comparaisons nécessaires pour vérifier la distinction des variétés entre elles.

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