L’Agriculture Biologique et le CTPS

Favoriser l’inscription au catalogue de variétés adaptées à l’agriculture biologique

Le plan « Semences et Agriculture Durable » avait pour ambition (dans son action 3.3) de définir des dispositions pour l'identification de variétés adaptées à l'agriculture biologique et en particulier de définir des modalités spécifiques d’essais inscription et post inscription pour caractériser l’adaptation des variétés aux modes de conduite en AB. Ceci s’est concrétisé par l’écriture du protocole d’examen des variétés de blés tendre adaptées aux conditions AB et l’inscription de 2 variétés de blé tendre. Le système mis en place est une avancée mais n’a pas vraiment contribué au développement de variétés pour l’AB.

Pour pouvoir aller plus loin et répondre aux besoins de variétés adaptées, indispensables aux agriculteurs et transformateurs de la filière AB, le plan suivant (plan Semences et Plants pour une Agriculture Durable) a inscrit la mise en place d’une commission inter-sections dédiée à l’évaluation des variétés pour l’agriculture biologique (la CISAB) au sein du CTPS. Cette commission doit permettre de créer les conditions d’un partage d’expériences et d’approches entre les Sections et favoriser l’inscription au catalogue de variétés adaptées à l’AB. Cette commission s’est réunie pour la première fois en décembre 2017.

La finalité de cette commission est de :

  • être une instance de réflexion et de discussion transversale au sein du CTPS,
  • identifier les besoins et les manques de l’agriculture biologique, de la transformation et des consommateurs pour les différentes espèces, en termes de variétés et de semences & plants,
  • contribuer à l’inclusion au catalogue français de variétés adaptées à l’agriculture biologique et identifiées de façon claire comme telles.

Cette commission a vocation à fonctionner en interaction avec les sections par espèces du CTPS, et avec la Commission Semences du Comité national de l'Agriculture Biologique. La CISAB suscite, recommande, questionne, facilite la transversalité entre sections du CTPS. Les Décisions, règlements, inscriptions sont au niveau des SECTIONS par espèces.

Premiers travaux de la Commission Intersections dédiée à l'AB

Voici quelques éléments issus de cette première année d’existence.

Quelles sont les caractéristiques recherchées pour des variétés adaptées à l’AB ?

Premier constat : l’agriculture conventionnelle évolue vers une moindre dépendance aux pesticides, en mobilisant résistances variétales, régulations biologiques et stratégies agronomiques favorisant un moindre développement des adventices et des pathogènes. Ainsi, les caractéristiques variétales recherchées par l’agriculture conventionnelle se sont rapprochées de celles de l’agriculture biologique.

Une des principales différences actuelles réside dans le fait que l’AB recherche des variétés plus concurrentes vis-à-vis des adventices ou facilitant l’usage des techniques alternatives au désherbage chimique. De plus le pouvoir concurrentiel (pouvoir couvrant, hauteur, dates de fermeture de rang), important pour contrôler les adventices est aussi déterminant dans le cas des cultures en association fréquentes en AB. Par ailleurs, l’absence d’engrais azoté de synthèse impacte fortement le rendement et la qualité technologiques pour certaines espèces. Ces caractéristiques ne sont pas spécifiques mais peuvent nécessiter des expérimentations en situations d’agriculture biologique, comme c’est le cas pour le règlement blé tendre bio.

Quels sont les verrous de l’offre variétale pour l’AB ?     Deux types de verrous peuvent être distingués : le premier lié à la disponibilité en variétés adaptées (recherche variétale), le second lié à la disponibilité des semences et plants multipliés en AB.

Parmi les causes de la faible disponibilité de variétés adaptées à l’AB en France, on peut citer :

  • le retour sur investissement trop faible pour les établissements de sélection. Le modèle actuel du financement de la sélection variétale par les droits de propriété intellectuelle est-il adapté pour ce marché encore restreint ?
  • la difficulté de créer des variétés adaptées pour l’ensemble des espèces présentes dans les systèmes AB,
  • le manque de sélection publique et privée,
  • le manque de lisibilité sur les caractéristiques variétales à rechercher en AB,
  • les freins liés à l’inscription (pas de règlement pour l’AB en France sauf pour le blé tendre ; règles de DHS et coût de l’inscription perçus par certains comme trop exigeante ou trop élevé,),
  • le manque de réseaux d’évaluation variétale en AB pour identifier les variétés adaptées. Les réseaux de criblage (blé tendre et triticale) coordonnés par l’ITAB, avec l’appui d’Arvalis, sont un bel exemple de mutualisation à disséminer sur les autres groupes d’espèces.

 

Les freins à la disponibilité des semences et plants sont d’ordre technique (maladies, ravageurs, salissement des parcelles de production de semences, stress climatiques), économique (coût de la production de petits lots) et organisationnel (manque d’agriculteurs multiplicateurs, adéquation entre variétés produites en AB et demandes des agriculteurs AB).

Les actions en cours sont :

  • La prise de connaissance des pratiques d’inscription et d’études des variétés pour l’AB dans les autres pays du catalogue communautaire.
  • La prise en compte du nouveau règlement européen de l’AB (2018/848).
  • L’identification des espèces pour lesquelles il est prioritaire de prévoir des modalités spécifiques d’inscriptions pour l’AB.

En savoir plus

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