Qu’est-ce qu’une semence de qualité ?

Le cœur de métier de la SNES du GEVES est l’évaluation de la qualité des semences. De quoi s’agit-il ? Voyage au cœur des graines comme vous ne les avez jamais vues…

Graine ou semence, c’est quoi ?

Qui n’a pas fait pousser un haricot dans un coton imbibé d’eau ? Souvent cela commence comme ça, une petite graine « plantée » dans un pot et l’attente de voir sortir une toute petite pousse verte. A beaucoup plus grande échelle, c’est l’agriculteur qui sème ses champs avec un objectif de « bonne » récolte.

La graine est l’organe de reproduction des plantes. Elle est issue d’une fleur et contient en miniature tout ce qu’il faut pour former une nouvelle plante. C’est-à-dire racine, tige, feuille et bourgeon. La graine peut également contenir des réserves et autres composants pour permettre et/ou favoriser le l’émergence puis la croissance de la nouvelle plante. Ce sont ces éléments qui justifient le plus souvent la culture de ces plantes pour l’alimentation humaine ou animale ou encore pour d’autres applications.

La semence est le terme utilisé pour le commerce pour les graines destinées au semis. Elle comporte une dimension supplémentaire lié au mode de production et sa finalité. La semence peut être considérée comme une graine de compétition destinée à ensemencer les champs avec une garantie sur la variété, sur la capacité à former des plantes « belles » et saines et donc une probabilité raisonnable de récolte de haut niveau (en fonction de l’espèce considérée).

 

 

La semence, un végétal potentiel et un produit technologique !

Produire une semence de qualité nécessite :

  • De contrôler la production en champs pour garantir l’identité variétale (contrôlée par des outils de biologie moléculaire)
  • De trier les graines produites pour obtenir un lot de semences propres (sans rien d’autre que les semences de l’espèce et de la variété souhaitée)
  • De tester le lot de semences pour vérifier l’efficacité du triage, pour garantir la pureté, sa faculté germinative et dans certain cas son état sanitaire. Des outils de biochimie peuvent aussi fournir des renseignements sur les qualités technologiques des semences.

 

La production au champ des semences repose, en premier lieu, sur le travail de l’agriculteur multiplicateur de semences. Un dispositif spécifique assure le suivi de la production d’amont en aval. Le contrôle au champ s’effectue en amont par une cartographie précise des implantations de culture pour les semences afin d’éviter tout croisement non souhaité. Cela tient compte nécessairement des cultures voisines. En végétation, le champ est plusieurs fois contrôlé (contrôle sur pied).

Après la récolte, les semences sont triées pour permettre le paiement des agriculteurs multiplicateurs puis l’agréage des semences en lots.

Lorsque les opérations de triage sont terminées, les semences peuvent être apprêtées soit avec un simple enrobage ou alors avec un pelliculage de traitement phytosanitaire ou de produit biostimulant ou de biocontrôle.

Tout au long de ces étapes de production les semences sont contrôlées au laboratoire. Ce contrôle peut être réalisé dans un cadre réglementaire particulier aboutissant à la certification des lots en regard des normes.

A l’issue de toutes les opérations et juste avant commercialisation les lots de semences subissent des analyses de laboratoires de type contrôle produit. Ce contrôle peut être réalisé dans un cadre réglementaire particulier aboutissant à la certification des lots en regard des normes.

Les critères de la qualité des semences

Au laboratoire, le premier critère de qualité est la pureté.

L’objectif : disposer de semences les plus pures possible de l’espèce considérée dans le lot

Ce critère repose essentiellement sur une analyse visuelle. Elle consiste à séparer l’échantillon en trois fractions : les semences pures, les semences d’autres plantes et les matières inertes.

Le résultat de l’analyse est un pourcentage en poids pour chacune de ces fractions.

Cette première analyse est souvent couplée à une autre : le dénombrement. A l’intérieur de la fraction « semences d’autres plantes » il s’agit d’identifier le plus précisément possible les semences au niveau taxonomique le plus fin.  Le résultat est donné sous la forme d’une liste d’espèces identifiées et d’un effectif associé.

 

 

Après l’analyse de pureté, l’échantillon est prêt pour subir d’autres tests pour révéler ses qualités physiologiques. La faculté germinative est le critère phare : dans les conditions optimales (définies par les règles internationales de l’ISTA), quel est le meilleur niveau de germination que l’échantillon est capable d’atteindre ?

Selon les espèces, un effectif donné de semences est mis en germination. A l’issue d’une durée déterminée, un comptage des plantules répondant aux critères de normalité est effectué. Les plantules anormales ou non germées sont comptabilisées spécifiquement.

 

 

 

 

 

La qualité sanitaire est aussi déterminante pour un certain nombre d’espèces dont les semences peuvent être vectrice de maladie pour les cultures.

Selon le pathogène recherché, l’analyse mise en œuvre est spécifique. Des analyses de mycologie (recherche de champignon), de bactériologie (recherche de bactérie), de virologie (recherche de virus) ou encore de nématologie (recherche de nématode) peuvent être requises.

 

 

 

 

 

Des niveaux de qualité fixés par les normes

Les résultats obtenus à l’issus des essais propres à chaque critère de qualité relevant des normes établies en fonction des espèces sont comparés aux normes définies dans les règlements nationaux et internationaux.

Un résultat de pureté spécifique pour du blé doit être d’au moins 98% (en poids) pour permettre la certification d’un lot.

A noter aussi que la présence d’une seule semence d’espèce interdite peut conduire au refus d’un lot. Dans un lot de blé, aucune graine d’Avena fatua n’est autorisée.

Des niveaux de qualité fixés par les normes

Une fois les résultats obtenus à l’issue des essais propres à chaque critère de qualité relevant des normes établies en fonction des espèces. Celles-ci sont fixées dans les règlements techniques annexe de la production pour les espèces de grandes cultures.

Ainsi, par exemple, un résultat de la pureté et du dénombrement peut conduire au refus d’un lot. Dans certains cas, la présence d’une seule semence d’espèce interdite est rédhibitoire. 

 

 

 

 

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