ASEEDS : protéger durablement les semences de blé et maïs

11 MarImage

ASEEDS : protéger durablement les semences de blé et maïs

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L’ambition du projet collaboratif ASEEDS 

Le projet ASEEDS a eu pour objectif de sécuriser l’implantation des cultures céréalières face à différents bio-agresseurs ou des conditions climatiques contraignantes responsables de pertes à la levée. Pour cela, 12 partenaires issus des secteurs privés et publics (Tab. 1) ont combiné leurs efforts en R&D sur 6 ans pour trouver une alternative aux traitements phytosanitaires afin de protéger les semences de maïs et blé.

Le consortium a bénéficié d’un soutien financier du fond unique interministériel (FUI) et de la région des Pays de la Loire. Le projet a été labellisé par 3 pôles de compétitivité (Végépolys, Céréales Vallée et Axelera) dont deux viennent de fusionner pour former le Pôle Mondial du Végétal pour la période 2019-2022.

 

Partenaires privés et publics (numéro de département) du consortium français ASEEDS 2012-2018 :

Limagrain Europe (63) 

Arvalis – Institut du Végétal (91) 

Bayer Cropscience France (69) 

FNAMS (49) 

Agrauxine – Lesaffre Plant Care (49) 

GEVES (49) 

Lallemand Plant Care (31) 

UMR INRA-UCA 1095 GDEC (63) 

Sofrapar (75) 

UMR CNRS-UL 5557 EM (69) 

Terrena Innovation (44) 

UMR Sorbonne Université 7622 LBD (75) 


Les résultats du projet ASEEDS 

90 solutions biologiques (extraits naturels ou micro-organismes) ont été criblées en laboratoire pour une action de protection contre un phytopathogène, de répulsion vis-à-vis des corvidés ou de stimulation en conditions simulant un semis précoce (conditions froides et humides).

Deux solutions de biocontrôle et un agent répulsif ont été finalement validés aussi bien en conditions contrôlées qu’au champ et un autre agent répulsif a été identifié en conditions contrôlées. Ces solutions doivent maintenant être formulées pour être appliquées en traitement de semences à grande échelle. Six autres solutions ont montré un potentiel biostimulant en conditions contrôlées mais doivent encore faire leur preuve au champ afin d’être pleinement validées.

 

La contribution du GEVES au projet ASEEDS 

Le laboratoire de pathologie a fourni 4 des 6 souches fongiques ciblées par le projet (Fusarium graminearum, Fusarium culmorum, Microdochium nivale, Pythium sp., Stagonospora nodorum et Fusarium verticillioïdes) et apporté la maîtrise de 5 pathosystèmes (3 sur Blé et 2 en Maïs). L’un d’entre eux (T. caries) a permis de valider l’efficacité de deux solutions de biocontrôle dont les brevets sont en cours de validation pour assurer la propriété intellectuelle. Le laboratoire a également évalué le taux de contamination de l’ensemble des lots disponibles dans le projet (Fig.1) et inoculé artificiellement des semences de blé et de maïs avec les 6 champignons pathogènes pour pallier les faibles niveaux de contamination naturelle obtenus en production de semences.

 

Figure 1 : Analyses sanitaires d’un lot de maïs (a) et d’un lot de blé sans désinfection superficielle SDS (b) ou avec désinfection superficielle ADS(c) 

 

Le laboratoire de germination a développé un test de levée du Maïs en conditions contraignantes permettant à la fois d’évaluer la croissance du système aérien (vitesse de levée) et de suivre par analyse d’images le développement racinaire (Fig.2). La standardisation du test a nécessité deux années de mise au point et l’accueil de deux stagiaires en BTS « Bioanalyses et Contrôles » du lycée Jean Moulin.

 

Figure 2 : Illustrations des mesures réalisées au niveau du test de germination des semences de maïs en conditions contraignantes avant l’évaluation finale de la croissance des plantules selon la normalisation ISTA. 

 

La méthode indirecte de suivi du développement racinaire a permis de s’affranchir des mesures directes de biomasse racinaire pour cribler 30 solutions candidates sur plusieurs lots des récoltes 2013 et 2016 à partir de 5 variétés présentant une précocité variée de floraison. Une corrélation intéressante a en effet été démontrée (Fig. 3) sur deux variétés au système racinaire différent. 

Figure 3 : Corrélations linéaires entre l’indice de développement racinaire mesuré sur images et la biomasse racinaire des plantules correspondantes pour différents lots ou modalités d’essais sur 2 variétés de Maïs V11 et V19. 

 

Cette collaboration dynamique et conviviale a permis de poser les bases pour sélectionner des solutions alternatives aux produits phytosanitaires en technologie des semences ; la commercialisation de solutions antifongiques et répulsives dans un futur proche sera la concrétisation de ce partenariat public privé au service des agriculteurs.

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