Evaluation des progrès génétiques en blé tendre

25 Juin 26 Image

Evaluation des progrès génétiques en blé tendre

L’étude menée par Arvalis et l’UFS à partir de 2025 met en évidence un progrès génétique constant et continu des céréales à paille depuis les années 1980. Ce réseau d’expérimentation, déployé sur 65 lieux en 2025 (74 en 2026, reconduction en 2027), repose sur la comparaison de variétés anciennes et récentes cultivées dans les mêmes conditions afin d’objectiver l’évolution de caractères clés tels que le rendement, la résistance aux maladies et la qualité. Le GEVES contribue à ce réseau avec ses sites de l’Anjouère et Montpellier.

Les rendements observés à l’échelle nationale semblent en effet plafonner depuis la fin des années 1990, ceux du blé tendre notamment qui stagnent aux alentours de 72 quintaux par hectare, après avoir progressé de 1,3 q/ha/an jusqu’en 1996 : assistons-nous à un arrêt du progrès génétique ?

Les résultats préliminaires de l’étude montrent qu’au contraire, celui-ci reste constant, avec une augmentation moyenne du rendement d’environ 0,47 quintal par hectare et par an. La stagnation des rendements agricoles ne s’explique donc pas par un arrêt du progrès génétique mais semble être la résultante des aléas climatiques, de plus en plus régulièrement observés en France, en fréquence et en intensité. Le progrès génétique compense donc les effets négatifs du changement climatique, permettant aux rendements de se maintenir plutôt que de baisser.

Graphique n°1 : évolution des rendements des variétés de blé tendre entre 1981 et 2024 (résultats du réseau d’essais 2025, toutes zones de production). Source : UFS/Arvalis

Sur l’analyse des composantes de rendement, on note en tendance une stabilité du nombre d’épis/m². En revanche, la fertilité épi (nombre de grain/épi) ainsi que le PMG (Poids de Mille Grains) ont augmenté au cours de ces quarante dernières années, explicitant les gains de productivité observés.

Par ailleurs, certaines caractéristiques comme la hauteur des plantes ou la précocité moyenne à épiaison n’ont pas subi d’évolution significative, même si les variétés les plus tardives, plus soumises aux sécheresses et échaudage de fin de cycle, ont progressivement disparu du Catalogue.

En termes de qualité, nous notons une légère diminution de la teneur en protéines des variétés les plus récentes en comparaison aux plus anciennes, en raison d’un effet de dilution lié à l’augmentation du niveau de productivité. Toutefois, le progrès génétique a permis d’améliorer l’efficacité d’utilisation de l’azote, limitant ainsi cette baisse. Le poids spécifique, critère important d’accès aux marchés, reste quant à lui globalement stable.

Enfin, les essais mettent en évidence une amélioration de la résistance des variétés récentes aux principales maladies foliaires (rouille jaune, septoriose et rouille brune). Cette évolution se traduit par une diminution progressive de la nuisibilité des maladies. Notons cependant que ces résistances restent susceptibles d’être contournées par l’adaptation des pathogènes, et cela de manière très rapide et imprévisible.

En conclusion, les premiers résultats de ce réseau d’essais confirment un progrès génétique régulier et continu depuis les années 1980. Les performances accrues des variétés récentes, sur les principales caractéristiques recherchées par la filière (rendement, qualité, résistance aux maladies), montrent que la génétique joue un rôle clé pour maintenir la production face aux contraintes climatiques. Ces résultats devront toutefois être consolidés par les données des 2 prochaines campagnes d’expérimentation.

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